 |
Driss El Himer, favori des championnats de France |
|
Couronné pour la première fois à Chartres en 1998, Driss El Himer offrira peut-être dix ans plus tard à l'Alsace le premier titre de son histoire. C'est en Eure-et-Loir qu'il était tombé sous le charme de Caroline Gross, l'athlète de l'ASPTT Strasbourg.
Dernières Nouvelles d’Alsace - Édition du Vendredi 29 février 2008
" La raison du coeur "Les championnats de France de cross à Laval pourraient lui permettre d'égaler le record de Noël Tijou avec un 7e ( !) sacre national. Mais pour Driss El Himer, l'essentiel n'est pas là. Ce à quoi il tient avant tout, c'est permettre à l'ASPTT Strasbourg et à l'Alsace de conquérir un premier titre individuel. Certes, en terme de formation, club et région n'y seraient pas pour grand-chose. Le Franco-Marocain, 34 ans début avril, n'est licencié à l'ASPTTS que depuis septembre dernier. En plus, il s'entraîne seul. Ses succès, il ne les doit qu'à lui-même. A son talent, ses compétences, son sérieux.
Il évoque avec un sourire jusqu'aux oreilles l'échéance du 8 mars
Il n'empêche. Rien n'apparaît plus légitime que sa mutation de l'Olympique de Marseille, qui s'est enrichi de son palmarès jusque-là, à Strasbourg. Il évoque avec un sourire jusqu'aux oreilles l'échéance du 8 mars. C'est la journée de la femme d'accord. Mais c'est surtout le 10e anniversaire de sa rencontre avec Caroline, qu'il a épousée au printemps dernier. Il vit à ses côtés, à Brumath d'abord, à Geudertheim aujourd'hui, depuis cinq ans. Dès lors, pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? « C'est vrai que la situation m'embêtait. Et puis, l'occasion s'est présentée avec le départ de Strasbourg de Mehdi Baala. » El Himer tenait à éviter le conflit d'intérêt. « J'apprécie beaucoup Mehdi. Je le respecte trop. Je ne voulais pas entrer en concurrence avec lui, même si nous n'évoluons pas sur les mêmes distances. » Dimanche, dans la Mayenne, il courra donc pour la première fois avec le maillot orange sur le dos. Il sait que toute une région compte sur lui. Pour lui, il ne s'agit pas d'une pression, mais bien d'une motivation supplémentaire. « Je serai attendu. Mais je me suis préparé en conséquence. » Et surtout pour enchaîner. Laval constitue une étape dans sa préparation pour le marathon des Jeux Olympiques de Pékin, où il espère faire bien mieux qu'en 2004 à Athènes (68e). Chaleur et pollution avaient eu raison de ses rêves.
« Si je ne décroche pas les minima, personne n'y parviendra en France »
En attendant, il s'agira de réaliser les exigeants minima, abaissés à 2 h 10'30". Débarrassé depuis cinq bons mois de ses soucis aux cervicales, meilleur Français à chacune de ses sorties, vainqueur au cross du Mans mi-janvier, il se dit très confiant. « Si je ne décroche pas les minima, personne n'y parviendra en France. Cette année, je ressens vraiment de bonnes sensations. » Pour y parvenir, il a opté pour le très roulant marathon de Rotterdam, le 13 avril prochain. « L'objectif est de revenir sur la scène internationale. Après, tout est possible. En marathon, il n'y a pas de favori. Alors pourquoi pas une place de finaliste (NDLR : dans les huit premiers) aux Jeux ? » Que la réussite soit au rendez-vous ou pas, il n'en restera pas là. « Je n'ai jamais fait attention à mon âge. Dans ma tête, j'ai 20 ans. Tant que le corps répond présent, je continue. » Malgré les sacrifices, comme ces stages de trois à quatre semaines, à 1 600 m d'altitude, au Maroc. Il en est rentré lundi soir.
« Il faut être motivé, sans quoi, on ferme les portes »
Caroline, elle, reste en Alsace, accaparée par son emploi au Théâtre National de Strasbourg, à la gestion des intermittents du spectacle. Ça ne durera qu'un temps. Il faut l'accepter. « L'athlé, c'est mon travail, je gagne ma vie ainsi, raisonne Driss El Himer. C'est comme une entreprise à gérer. Il faut être motivé, sans quoi, on ferme les portes. » Dès lors, comme tout un chacun, il se lève tôt le matin. Les uns partent au boulot, lui pour la forêt de Geudertheim ou le stade de Hautepierre, pour une première séance d'entraînement, avant de remettre ça en fin d'après-midi. Seul, donc. Établissant ses propres plans d'entraînement, il est strict avec lui-même. « Des séries de 10 ou 12 fois 1 000 m, 5 ou 6 fois 2 000 m, ou 3 fois 5 000 m. Sur piste, j'ai des chronos à respecter. Et croyez-moi, je ne me fais pas de cadeau. Car les mecs (ses adversaires) ne m'en feront pas. » Lui encore moins. Enfin si. Il entend bien en offrir un splendide, dimanche soir, à Caroline, à son club, à sa région d'adoption.
Rémy Sauer
Article des DNA du 29fevr.08
|
 |